Le vide est l'un de mes moyens de travailler l'absurde. Je travaille sur des grands espaces, des paysages, dans lesquels vient s'inscrire une coupure, une absence, un carré blanc au milieu de l'image. Cette soustraction n'a pas de forme évocatrice, juste un carré. Elle ne donne aucun indice de lecture.

 

Nous avons grandi en coloriant, en complétant les phrases de nos évaluations, en remplissant ces espaces vides définis. Nous y sommes en quelques sortes formatés. Alors quand nous sommes confrontés à des vides qui ne se remplissent pas, l'intrigue s'installe. Instinctivement, l'observateur se demande ce qui va venir combler cet espace. Mais cet espace ne représente rien d'autre que le vide.

 

 Le vide vient se confronter à la densité de la page, au sens que je lui donne : une forêt, un paysage montagneux, etc. Il est toujours dénué de présence humaine. Il vient interrompre, mettre en suspension une uniformité, un instant. Il évoque une porte, une échappatoire du monde que nous connaissons. Puisque tout ce que nous connaissons est rempli. Le vide n'est pas visible, n'est pas palpable. Alors j'ai envie de vous questionner sur ce que vous feriez si vous étiez confronté au vide. Est ce qu'on aurait envie de s'y plonger ?

 

Cet espace est libre aux interrogations, libre aux envies. Plutôt que me le demander, qu'est-ce que vous y mettriez, vous ?