L'HUMAIN À SON IMAGE

On m’a posé la question de mon rapport au collectif. Ce n’est pas une dimension que je revendique dans mon travail, mais c’est quand même quelque chose qui le travail. Parce que je n’ai pas le choix, la plupart du temps, et parce qu’il semblerait que j’aie des propensions naturelles à prendre en main, organiser, l’esprit pratique, un certain sens des responsabilités. Pour moi, le collectif est inévitable, donc autant faire avec, et faire au mieux. Il me réjouit quand il prend la forme d’un assemblage d’expériences et de savoir faire qui permet d’aller plus loin, pour que les saveurs ressortent comme en cuisine. Mais c’est un exercice dangereux de l’ordre de la réaction chimique. Il demande, avec pragmatisme, beaucoup d’arrangements, de bonne volonté. Il faut toujours que chacun y trouve sa place sans se marcher sur les pieds, il faut que chacun soit sur la bonne longueur d’onde pour qu’on y vibre à l’unisson ; c’est rare. (Là, j’ai un peu l’impression d’aller contre ce que je revendiquais d’anti-hiérarchique… Je suis un être de contradictions.) J’essaie d’appliquer cela dans mon travail également : pour moi, il faut avoir de la confiance, de l’assurance, mais pas d’ego. Connaître sa valeur, ses capacités, pour ne pas se brader, mais savoir entendre ce que l’on nous dit, en retirer le meilleur pour avancer vers sa propre destination. La lucidité ne vaut pas quand elle est gâchée par la modestie ou le manque d’amour de soi (au sens développé chez Rousseau).

 

Le collectif demande à la fois engagement et distance, franchise et diplomatie, droiture et flexibilité, et surtout communication. Il requiert aussi, je crois, une alchimie humaine et artistique qui ne s’explique pas par des mots trop précis. Le collectif est un équilibre précaire, comme la vie ! (Prix Nobel de Philosophie 2018)

 

TOUS ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE (OUAIS ! OUAIS !)

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