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Une carte c’est la représentation d’un espace, qui met en valeur son étendue et ses particularités. Pour la créer il est nécessaire de se procurer des résultats d’observations où d’exploiter un certain nombre de documentations. Il en va de même pour cet exercice de cartographie : on part de notre expérience, de notre arrivée à l’Esal, pour la mettre à plat et représenter notre cheminement. On évalue et on manipule des données. Nos données. Afin d’exprimer notre propre identité, notre point de vue pour savoir où l’on se trouve sur notre carte. En effet, cette dernière définit notre espace mental, la représentation de notre paysage intérieur, de notre parcours, de nos chemins qui se croisent au-delà, quelque part. Des idées nomades qui s’étendent, s’ancrent, s’éparpillent.Pour mieux s’explorer.

 

En réalisant petit à petit mon premier corpus, je me suis rendu compte d’une chose essentielle : que les oeuvres que j’avais choisies se répondaient les unes aux autres. Que ce soit par leurs aspects visuels ou par le message qu’elles délivraient. Il y avait toujours un élément qui résonnait et qui les connectaient inévitablement. Il m’est important d’en parler car c’est à partir de cette base que s’est construite ma trame pour cet actuel projet.

C’est à partir de cet élément que je les ai pensés comme un ensemble qui découle du même ancêtre,mais aussi d’une première idée qui à fait naître des combinaisons et une autre façon de les d’appréhender. Ainsi, si ces oeuvres peuvent se rattacher entre elles et former une union, elles peuvent certainement faire partie de la même famille, avoir des liens de parentés. M’est alors venue l’idée de reprendre ce concept de « famille » et de l’attribuer aussi à mes textes pour ce corpus 2.

En partant d’une première phase de recherches, plusieurs de mes termes coïncidaient avec l’univers du végétal : arbre généalogique, racine, fractale ou encore entremêlement Alors j’ai commencé à y puiser de la matière. Notamment au niveau des littoraux, aux marécages, des montagnes, de leurs transformations, leurs métamorphoses, ainsi qu’au relief, qu’aux modelés des surfaces. D’autant plus que les photographies vues du dessous offrent un point de vue sur les différentes caractéristiques de ces paysages. Et je me suis également rapportée à des agrandissements de feuilles, de matières organiques.

Car, comme je parle de liens de parenté, de transmissions, j’ai pensé que les ramifications pouvaient très bien émettre ce sentiment de connexion, d’alliance.

Denise Lach a composé un livre « Jeux d’écritures », qui s’oriente sur la recherche calligraphique

et de textures en puisant son inspiration dans certaines formes de la nature, notamment des strates, des creux, des lignes, des branches. À partir desquels elle a façonné une écriture, parfois illisible mais très justes face aux fragments de paysage qu’elle avait choisis. Je trouve que cette réappropriation fonctionne plutôt bien, quitte à ce que le résultat soit abstrait.

En fait, je visualise ma cartographie comme un « zoom », un agrandissement sur mon travail.

Comme un gros plan sur un réseau d’informations, un réseau de rhizomes, voire une fractale : des lignes qui se connectent et s’étendent. Je pensais peut-être m’inspirer des outils de géolocalisation comme google map qui permettent de zoomer en profondeur, de creuser jusqu’à un certain point. Qui permettrait par la suite de découvrir les premières strates, les premières lignes : mes textes. Une forme de petite toile souterraine où s’échangent, se tissent les informations. Donc partir d’une forme globale de réseaux vers une forme plus détaillée : la base, le fondement.

C’est aussi une manière de renforcer l’idée d’une trace à consulter, d’un outil intéractif et d’un support qui peut sans cesse se renouveler.