COLLAGE

Ma pratique du collage s'apparente à celle du recouvrement, je réutilise d'anciens travaux comme matière première, comme fonds de toile, et je les retravaille légèrement pour pouvoir y dessiner de nouveau. Comme mon univers esthétique varie régulièrement, cette technique me permet de me redécouvrir, de me confronter à mes évolutions. De créer des objets à mi-chemin entre ce que j'étais et ce que je suis maintenant. J'aime composer mes images comme si chaque pièce du résultat final était indépendante. Je trouve que l'esprit du collage est là dans l'assemblage d'éléments hermétiques, qui regroupés composent une forme nouvelle, inédite. Le collage me permet également de penser mes images autrement. Je ne suis plus dans une frénésie de création, mais dans une création qui recompose des bouts de frénésie ensemble, et qui les pense en amont. Dans mon animation librement inspirée de l'Arrache-coeur, par exemple, mes décors sont une série de "collages numériques", ce qui me permet de les retravailler à l'infini, d'ajouter ou enlever des éléments à ma guise, sans qu'aucune décision de soit jamais irréversible. Je n'utilise pas régulièrement d’éléments extérieurs dans mes collages, mais ça m'arrive quelques fois, souvent pour la blague, par exemple quand j'ai caché et déformé des tableaux de Chu Teh-Chun dans mon mapping de première année, où quand j'ai utilisé le logo du monde en dernière page d'une édition, comme conclusion non seulement de mon histoire mais aussi de la quête de mon personnage. Cette utilisation d'objets extérieur donne une autre allure à un travail, soudain il ne fait plus partie d'un monde lointain d’onirisme et de poésie, mais il est là, bien là, dans le monde du XXIè siècle, puisqu'il en porte la marque fatale.

MATIÈRE

COULEUR

BORDEL

COULER

CARTON