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LE CORPS A TRAVERS LA DANSE Il y a encore peu de temps, le monde de la danse hip hop était largement dominé par les hommes. Mais aujourd'hui,on peut remarquer que les femmes s’imposent de plus en plus dans ce milieu. Il y a tellement de danseuses inspirantes, partout dans le monde. Je danse. Sans prendre de cours mais c’est je dirais comme une seconde passion. Lorsque je danse, c’est comme si j’embrassais la musique, que je me trouvais en symbiose avec elle. La danse me permet d’extérioriser une force en moi qui ne jaillit que par là. C’est une passion que je peux partager dans ma vie de tous les jours avec mes amis, mes proches, en soirée avec les gens ou seul. C’est comme une thérapie, cela me procure un tel bonheur en dansant. Le simple fait de regarder une vidéo de danse peut m’apaiser. Une des danseuses et chorégraphes qui me plait le plus est Pars Goebel ; créatrice de ce qu'elle a baptisé le "polyswagg" (un style de danse qu'elle décrit comme "l’expression du caractère insolent d’une femme mêlé à une force intérieure agressive"). The Request crew et the Royal family sont des groupes de dance regroupant surtout des femmes. Elles expriment le caractère insolent d’une femme mêlé à une force intérieure agressive. C’est exactement ce genre de danse que j’essaye de pratiquer et qui me vient naturellement lorsque je me mets en mouvement. Il y a quelque chose de jouissif dans ce style agressif qui révèle une âme « puissante » voire « méchante ». Cela me renvoie surement à cette part que j’ai en moi et qui n’ose ressortir que dans ces moments. En effet, lorsque je danse je prends la peau d’un personnage, je joue un rôle, comme au théâtre, et je me sens si bien avec, que je l’assume totalement et me laisse guider par lui. Etant donné que ce n’est pas « vraiment moi », aucune raison d’avoir de la pudeur ou de vouloir me cacher. C’est une étrange sensation qui m’envahie, et qui m’emplie d’une satisfaction énorme. Chacun trouve un sens à la danse et je suis intriguée par les avis de chacun à ce sujet. Je réfléchis en ce moment à un projet qui pourrait développer ces questions. Qu’est-ce que la danse pour toi ? Qu’est ce qu’elle t’apporte ? Quels sont les moments où tu ressens l’envie de danser ? Pourquoi, Est-elle une thérapie, ou seulement un plaisir. As-tu du mal à te lâcher devant les autres ?... Ces problématiques posent des questions sur notre représentation du corps. Le corps qui prend aussi une grande place dans mon travail plastique. Je trouve le corps humain très beau. Sa déformation et sa force me donne envie de le dessiner. Le corps en général m’inspire, ce qu’on peut faire avec, la façon dont on s’en sert et ce que sa gestuelle peut évoquer. Souvent j’éprouve le besoin de dessiner des danseuses (principalement) mais mon manque de technique de dessin m’en empêche. Alors je dessine un mouvement, le plus souvent ce sont des planches abstraites. Le résultat est étrange et ne correspond pas à l’idée que j’avais à l’origine mais je persiste et espère pouvoir dessiner un corps en mouvement comme je le souhaite. Un autre chorégraphe m’avait beaucoup inspiré lors de mes années lycée. Angelin Prejlocaj. J’étais allé voir un de ses spectacles « les nuits ». Il met en scène des danseurs dans un décor et sur une musique orientale. Tout était beau, les danseurs, les costumes, la chorégraphie…C’est, je pense la prestation qui m’a procuré le plus d’émotion. J’avais alors eu comme projet personnel d’en créer une affiche et réfléchir à la conception d’un évènement de danse m’avait beaucoup plu malgré mes lacunes en dessin. Dernièrement j’ai revu un spectacle de lui, « la Fresque » à Thaon les vosges. Il met en scène de la danse « néo-contemporaine ». Ce spectacle s’inspirait de contes chinois et présentait un public des tableaux magnifique. J’utilise le mot « tableau » car souvent les scènes s’ouvraient par des compositions de danseurs statiques dans des positions très gracieuses, accompagné d’une lumière très faible qui faisaient penser a de la peinture réaliste.