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LA NATURE La nature a toujours été présente dans l’art. Elle a été au centre des préoccupations artistiques autant à la renaissance que dans l’art rupestre. Elle sert souvent des environnements narratifs et symboliques. Les éléments naturels peuvent être interpréter de multiples façons. Des fruits, ou bien une race d’arbre ne sera jamais vraiment anodine et aura un rôle ou un message à délivrer sur ce que raconte l’œuvre. Aujourd’hui beaucoup d’artistes traitent ce sujet de manières différentes. Certains vont utiliser la photo, d’autres la peinture ou l’illustration. Ce sujet prend de l’ampleur aussi parce que la nature est plus que jamais menacée et est sous l’emprise de l’homme. On retrouve alors beaucoup de travaux autour de la nature enfermée, la nature domptée, ou encore la nature empaquetée. Pour exemple, Michael Heizer reconstruit la nature avec une certaine violence en extrayant et replaçant d'immenses blocs de pierre, ou, en faisant transporter plusieurs tonnes de roche et de sable dans des déserts. Bruno Latour, sociologue et philosophe, quant à lui à pensé cette relation entre la nature et l’homme en redéfinissant le terme nature/culture. La culture serait la nature transformée par l’homme, et la nature serait à comprendre dans son sens originel. Il propose de repenser ce rapport non pas comme une opposition mais comme une recherche d’harmonie et complémentarité. Mon travail lie l’homme et la nature, il ne les oppose pas. Il y a une relation affective entre les deux. Je reproduis l’arbre depuis plusieurs années de multiples manières. C’est un membre de la nature que je trouve beau et tellement varié qu’il me semble sans limite. Il revient dans mon travail soit comme personnage à part entière, comme sujet principal ou comme décor incontournable. La nature c’est tous les les éléments qui habitent notre planète et qui n’est pas transformé par l’homme. C’est le paysage majeur qui met en scène mes personnages et qui constitue mon univers de dessin tout au long de mes histoires. Pour moi, les arbres représentent la protection, ils accompagnent l’évolution de mes personnages et de mon dessin. Ils sont tellement riches de variétés, et de matières, qu’ils ne me lassent pas. Ils sont des motifs à eux tous seuls et peuvent créer une ambiance par leur simple présence. Sans même les personnifier, ils peuvent symboliser de fortes émotions, comme la peur, la douceur, la maternité, la nostalgie, le calme… Par exemple dans une de mes éditions « ils me regardent et me saluent », le titre parle de lui-même. « Ils » désignent les arbres. Leur présence ravive une ambiance de calme et de tranquillité et enveloppe avec protection mon personnage qui est une jeune fille déambulant le long de ce paysage. L’arbre prend le rôle de « héro » qui vient en aide à ce personnage perdu. Dans mes dernières éditions, la végétation est très présente tant dans le texte que dans le dessin, elle me laisse une liberté et habille mon univers. Pour moi, la végétation et particulièrement l’arbre en général raconte une histoire, et chacune de ses branches ou ses feuilles est un personnage ou une péripétie. Je prends du plaisir à inventer des plantes que m’inspire la vraie nature. J’ai grandis en ville et étrangement c’est ce paysage qui m’inspire le plus et qui revient dans la majorité de mes travaux. D’autres artistes approchent ce thème d’une autre manière en reproduisant la nature comme ils la voient et la ressentent et en y portant un regard plus spontané. Alexandre Holan dessine l’arbre à l’encre de chine. Il représente son feuillage à différents moment de la journée ou de l’année qui résulte de grandes toiles de motifs. Représenter la nature pour un artiste peut être un travail engagé mais est surement lié à une quête de paix et d’évasion. C’est un peu le travail que j’ai réalisé il y a deux ans, en tentant de représenter une forêt comme je la concevais. Moi qui ne fais pas de peinture, c’est cet objet qui m’a donné envie d’essayer quelque chose. A la façon d’Anselm Kiefer, j’ai tenté de reproduire des forêts à l’acrylique noir. A l’aide d’un mouchoir, j’ai exploré le feuillage et la pluralité des arbres. L’idée c’était de travailler la matière, joué avec les couches, pour signifier l’épaisseur des feuillages ou des lieux de lumière. J’ai pris du plaisir à réaliser ces toiles, j’avais un lâché dans ma façon de peindre inhabituel. Mon trait est, la plupart du temps précis et maitriser, là c’était l’inverse.