Pink Floyd : The Wall, comme l’indique le titre, est tout autant un film d’Alan Parker que de Roger Waters. Immense projet artistique du leader du fameux groupe britannique, The Wall devait être un film, un album (sorti en 1979), et une tournée de concerts avec un gigantesque mur sur la scène, pour symboliser la séparation avec le public. Le film et sa musique emblématique ont fait le tour du monde.
Les Floyd métaphorisent à travers le film l'idée de Nietzsches sur les trois stades de l'Humanité. Pour Nietzsches, l'Humanité devrait connaître trois stades avant d'atteindre le stade de son fameux « surhomme », l'homme idéal et parfait qu'il cherche et théorise à travers tous ses écrits. Le premier stade serait le stade du chameau : l'homme accumule les savoirs, emmagasine tout dans sa bosse imagée d'animal pour épancher une soif insatiable. Dans le film, cela est montré par tous les passages de l'école. En deuxième stade, l'Homme devrait devenir Lion : lassé de « tout avaler » sans rien dire, et fort de tout son savoir, le Lion détruit tout ce qu'il a accumulé et se rebelle. Dans ce film, ce passage est montré par le moment très fort où Floyd se transforme en un clone de Hitler et entreprend la destruction méthodique de toutes les choses préétablies, mais aussi par l'instant du Procès où Pink fait enfin exploser son mur. Enfin l'Homme, après avoir accumulé puis détruit tous les savoirs, pourrait repartir sain et devenir quelqu'un de meilleur : c'est le troisième stade, l'Homme Parfait. l'Enfant. Symbole de renouveau et d'espoir, Les Floyd le font paraître comme un clin d'oeil à la toute fin du film. Les enfants jouent dans les débris du mur, ils sont l'espoir d'un avenir meilleur.Un film extrêmement pessimiste qui finit sur un note optimiste.

L'album qui en découle est un opéra rock, un album-concept, une comédie musicale ou même un oratorio. Aucun de ces mots n'est complètement approprié, mais il y a une part de vérité dans chacun d'eux. Un opéra rock est, par définition, un album rock dont les morceaux constituent la trame d'une histoire. De plus, la chanson The Trial rappelle le style d'une opérette. Dans le lexique standard de la musique rock, il peut aussi être défini comme un « album-concept »8.
L'histoire de l'album raconte la vie d'un anti-héros nommé Pink, qui est oppressé dès les premiers instants de sa vie : il perd son père, tué à Anzio durant la Seconde Guerre mondiale — comme le propre père du bassiste Roger Waters, Eric Fletcher Waters — (In the Flesh?, Another Brick in the Wall, Part I), est ensuite surprotégé par sa mère (Mother), tyrannisé par des professeurs désireux de le modeler comme les autres élèves dans le « moule » que réclame la société, d'où l'image récurrente du hachoir à viande (Another Brick in the Wall, Part II). Pink se retire alors dans un univers imaginaire en bâtissant un mur imaginaire, une allégorie représentant sa distanciation émotionnelle, pour le protéger du reste du monde : chaque traumatisme qu'il subit est une brique de plus à son mur. Parallèlement à ce processus, il devient une « rock star » (Young Lust) et se marie, mais il s'éloigne de plus en plus de sa femme, qui finit par le tromper (Don't Leave Me Now). Pink achève alors la construction de son mur (Goodbye Cruel World).
Il sombre alors peu à peu dans la folie et la dépression. Perdu en lui-même, il doit cependant refaire surface en raison de son mode de vie : son entourage lui injecte des médicaments pour qu'il puisse assurer ses concerts (Comfortably Numb, The Show Must Go On). Pink hallucine et se prend pour un dictateur fasciste : ses concerts deviennent des prestations néo-nazies durant lesquelles il envoie ses hommes contre les fans qu'il considère indignes (In the Flesh, Run Like Hell, Waiting for the Worms), mais sa conscience finit par se révolter et le soumet à un procès dans lequel il est à la fois accusé et plaignant (The Trial). À l'issue de ce procès, le juge ordonne que le mur soit détruit et que Pink s'ouvre au monde (Outside the Wall)24.
L'album se conclut sur les paroles « isn't this where… » (« n'est-ce pas par là… ») ; il avait débuté sur les mots « …we came in? » (« …que nous sommes entrés ? »), formant ensemble la phrase « Isn't this where we came in? » (« n'est-ce pas par là que nous sommes entrés ? »), montrant la nature cyclique de l'idée de Waters : le processus de se construire un mur pour ne pas faire face à la réalité est continuel chez l'homme25.
Le producteur Bob Ezrin a joué un rôle majeur dans l'élaboration de l'histoire en éclaircissant le récit présent dans les démos originales de Roger Waters via l'écriture d'un script, qui réclama l'écriture de chansons supplémentaires pour boucler l'intrigue26. Toutes les paroles et la majeure partie de la musique ont été écrites et composée par Waters, avec des contributions minimes de David Gilmour et Bob Ezrin.

Le live quant à lui retrace tous ces concepts, le pacifisme du film, la folie en érigeant un mur immense physiquement, qui va être détruit à la fin du live.

Une œuvre d'art totale, à multi facettes.