LANGAGE, SIGNES ET DECRYPTAGE.

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LANGAGE, SIGNES ET DECRYPTAGE.

 

Selon le Robert Collège 2008, le langage est la fonction d’expression de la pensée et de la communication entre les humains. Elle est mise en œuvre par la parole ou par l’écriture, mais il est aussi dit plus loin qu’elle est en fait mise en œuvre par tout système de signes permettant la communication.

Le langage est dans mes travaux un des points les plus importants, même si je suis assez discrète, un peu timide et que j’ai souvent du mal à me faire comprendre dans la vie de tous les jours.

A l’extérieur de l’école, je travaille également le langage puisque je suis élève en théâtre et en chant lyrique au conservatoire.

Cependant, cette appellation un peu générique de « langage » ne me convient pas entièrement. Voilà pourquoi je vais séparer ce texte en différentes parties, parlant surtout de signes et de décryptage, le mot « langage » me servant plus d’introduction, de base, à ce qui suit.

Beaucoup de mes travaux sont basés sur la mise en forme de différents vocabulaires.

Des vocabulaires de signes corporels liés à l’assimilation d’un nouveau langage.

Des vocabulaires à décrypter que ce soit du côté du spectateur ou du mien.

Dans le Robert Collège 2008, le vocabulaire est défini comme un dictionnaire succinct ou spécialisé ou encore un ensemble de mots dont dispose une personne.

Dans le texte « comprendre », j’explique que j’utilise un vocabulaire de gestes pour mieux incarner ce que je désire apprendre en espérant finir par incorporer ces codes inventés à partir des signes de différents langages.

C’est une façon d’appréhender le monde d’une nouvelle manière en tentant de prendre conscience de certaines choses car selon le philosophe et mathématicien Ludwig Wittgenstein « les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde ».

J’ai découvert cette citation à la fin de mes années de lycée et si le langage faisait déjà partie de mes préoccupations cela m’a davantage amenée à travailler dessus au niveau plastique.

Ainsi, l’année dernière, je me suis intéressée au langage informatique C++ car mon petit-ami est étudiant en informatique.

L’univers informatique est très différent du mien, il ne m’attire pas et m’est très difficile à comprendre. Cependant, essayer d’ingérer ce langage par un code corporel qui m’est propre allait peut-être me rapprocher de son monde à lui.

J’ai ainsi tenté de lier nos deux mondes si loin si proches en devenant moi-même un des codes informatiques qu’il avait eu à taper cette année-là.

Quand je me suis intéressée au Braille l’été dernier, j’ai repris un codage proche de celui échafaudé pour la vidéo C++. J’ai repris l’idée de langage corporel en rendant plus explicite chacun des gestes en les expliquant dans une suite logique. Ainsi j’ai donné un vocabulaire corporel identifiable : l’alphabet était dessiné au bout de mes doigts, devant moi, face caméra. La ponctuation était dessinée par des gestes au dos de mes mains, les accents étaient, eux, formés sur mon visage etc.

Même si ces différents lieux corporels ont été choisis de façon assez instinctive, je crois pouvoir m’y retrouver par rapport à ce pour quoi on utilise ces différentes parties du corps dans la communication courante. Par exemple, il me parait finalement assez logique que, dans le langage corporel courant, les mains ponctuent les propos en quelques sorte et que le visage met l’accent sur le sens des mots.  La chose est peut-être un peu simpliste et je fais des liens entre des signes « écrits » et d’autres corporels qui seraient plutôt de l’ordre du langage des signes même si, en l’occurrence, je n’ai fait aucune recherche sur ce langage-là.

 

Le décryptage et le signe sont, d’une certaine façon, encore plus liés à certains de mes travaux que la langue parlée ou écrite telle qu’on la connait.

Il y a donc eu ces deux travaux vidéo (C++ et Braille) où j’avais à signer des caractères écrits pour mieux les incorporer, les incarner, bien que l’exercice de décryptage était beaucoup plus approfondi dans l’expérience Braille.

Le fait d’avoir à inventer un code plus ou moins logique pour exprimer ces langages inconnus constituaient, de fait, déjà en soi une forme de décryptage, même si pour C++ il était simplement graphique alors que pour le Braille

il était à la fois graphique et analytique.

Quand les intervenants d’impression à froid sont venus, ils nous ont montré

un de leurs projets dans lequel ils analysaient les différentes lettres de l’alphabet pour remonter aux premiers signes de l’écriture. Ainsi le A devenait un taureau par exemple. Ils se sont appuyés sur le livre de Marc-Alain Ouaknin, Les Mystères de l’Alphabet.

D’après ces travaux, j’imagine que l’écriture vient de différentes manifestations dans le monde matériel reproduites en images et peu à peu traduites par des signes de plus en plus abstraits. C’est une des raisons pour lesquelles je pense que reproduire le langage écrit en geste est intéressant puisqu’au tout départ ce système de codage vient du monde sensible et donc du monde perçu par le corps dans son ensemble. Il y aurait sûrement moyen d’être plus complet encore au niveau des sens mais le geste chorégraphique est ce qui me vient le plus facilement.

Dans cette même idée de vocabulaire gestuel, j’ai aussi travaillé sur des verbes dont la définition était illustrée de photo de main exécutant une proposition de l’action. Je me suis appuyée, pour cela, du Robert Poche 2015 en scannant les définitions des mots qui m’intéressaient et en les mettant en page dans l’édition d’un petit dictionnaire illustré. La mise en page jouait également. Par exemple avant le verbe « disparaître » on se retrouve confronté soudainement à une double page blanche alors que pour le verbe « apparaître » la définition est précédée par une double page ne montrant qu’une grande photo ; pour les autres verbes, la forme reste très classique avec de grandes réserves blanches.

Ces signes corporels présentés dans ces différents travaux sont pour moi comme des chorégraphies.

Des danses.

Dans le Dictionnaire des Symboles, écrit sous la direction de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, la définition du mot « danse » commence ainsi :

« La danse est célébration, la danse est langage. Langage en deçà de la parole : les danses nuptiales le montrent ; langage au-delà de la parole : car là où ne suffisent plus les mots surgit la danse. »

Cette vision du corps et particulièrement du corps dansant me semble très proche de la mienne.

Corps dansant,

Corps sorciers,

Corps en recherche d’harmonie et de compréhension.

Corps en recherche de sens dans un langage premier.

 

 

LANGAGE, SIGNES ET DECRYPTAGE.

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