INSTINCTIVES EXPERIENCES.

Brut, Naïf ou premier ?

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Lorsqu’on nous a présenté le corpus 2 l’un des premiers exercices était de chercher des mots en rapport avec notre travail, de les présenter aux autres et de recevoir d’eux des retours.

Parmi ces « cadeaux », beaucoup me proposaient de parler du caractère brut, naïf et premier de mon travail. Je comprenais leur point de vue, cependant je ne savais pas si de tels mots convenaient à mes travaux.

En effet, beaucoup de mes rendus sont tirés d’une réaction première, d’un instinct me désignant un certain point à exploiter.

Pourtant je suis aussi quelqu’un qui essaye beaucoup, qui va expérimenter beaucoup de formes même si, souvent, je peux revenir à une de mes premières idées.

Dans ce cas pouvons-nous vraiment dire que ma production est première ou brute ?

Lorsque je lis les définitions proposées pour le mot « brut » sur le site du CNRTL, je tombe, entre autres, sur une définition mathématique, physique et sociologique disant que le fait brut, le résultat brut ou l’expérience brute sont définis comme tels car ils n’ont pas subi d’élaboration intellectuelle.

Globalement, l’idée du mot « brut » réside dans le caractère « sauvage » d’un objet, d’un être ou d’une action. L’art brut, par exemple, se définit comme étant l’art de ceux qui n’ont pas eu l’esprit pollué par une culture artistique admise par les institutions. Institutions formées par une société un peu bourgeoise et élitiste.

Suivant une formation dans les arts enseignés par ces mêmes institutions et m’intéressant à cette culture-là, entre autres, on ne peut pas vraiment dire que mon travail soit « préservé » de tout cela (d’autant plus qu’à force « l’art brut » est lui aussi institutionnalisé).

Sans aller jusqu’à cette définition de l’art brut, il est vrai, cependant, que l’on peut remarquer que je travaille de manière très instinctive, que mes sujets s’imposent d’eux-mêmes et que, bien souvent, mon travail me sert à poser les choses devant moi et à me confectionner des remèdes, des pansements, comme nous pouvons en trouver dans l’art brut.

Par exemple la robe de mariée que Marguerite Sirvins a tissé à partir des fibres de ses draps dans un hôpital psychiatrique entre 1944 et 1955 peut se rapprocher, dans l’idée, de beaucoup de mes travaux.

Marguerite Sirvins avait 60 ans lorsqu’elle a commencé cette robe. Elle ne s’était pas mariée mais rêvait de le faire, c’est ainsi qu’elle a lentement confectionné la robe de mariée qu’elle ne porterait jamais et qui représentait tant pour elle.

C’était quelque chose de très viscéral qui requerrait un travail monstrueux : détisser tous les draps, rassembler tous les fils, les crocheter, les coudre entre eux avec les moyens du bord.

L’action de réaliser un objet pour exorciser quelque chose de soi est aussi assez présente chez moi, même si je ne pense pas pouvoir faire autant que cette femme.

 

 

Ainsi l’année dernière, lorsque mon petit ami menaçait de rompre, j’ai commencé à recenser tous les mots doux qu’il avait glissés chez moi.

Je les ai photographiés un à un puis tous ensemble pour peut-être le figer et le garder auprès de moi en plus de mettre à plat le temps que nous avions passé ensemble.

J’avais déjà fait beaucoup de travaux comme celui-ci avant de rentrer à l’école en rapport avec mon petit ami, mes relations aux autres, à l’espace.

J’ai l’impression que cet aspect « exutoire » peut en fait être commun à tout type d’art, qu’il soit brut ou non. Par exemple Bill Viola travaille beaucoup sur l’eau, sa beauté et sa dangerosité car durant son enfance il a failli se noyer. Il y a aussi Annette Messager qui en 1971 et 1972 a habillé de petits oiseaux morts et empaillés avec des tricots. Elle trouvait ses Pensionnaires, les collectait et les maintenait ainsi « en vie » d’une certaine façon. Il y a encore Etienne Martin et son Manteau (Demeure 5 entre autres) fabriqué en 1962 pour tenter de se consoler de la perte de sa maison d’enfance.

Ce ne sont pas les seuls artistes traitant ce sujet de l’ « exutoire », d’une sorte de sorcellerie par l’objet, d’un objet devenant fantôme d’un désir ou d’une fascination profonde, mais les artistes que j’ai cités ont en commun une facture assez sobre voire pauvre surtout dans le cas d’Annette Messager et d’Etienne Martin ce qui est assez récurrent dans mon travail.

Au niveau de mes travaux dessinés, j’utilise beaucoup le papier déchiré, l’aluminium, le carton et surtout le Kraft : des matériaux que l’on pourrait décrire comme « pauvres » ou « brut ».

Il y a aussi cette volonté de mouvement, de corps et reproduction de la force de celui-ci. Cela va se traduire par des formes gribouillées aux fusains, aux craies etc. Ma façon de procéder dépend beaucoup du matériau et de comment le manipuler sur l’instant.

C’est vrai que la composition est souvent « brute » dans le sens où elle est première, un peu brouillonne, instinctive.

 

Par exemple, l’année dernière nous avons dû créer des illustrations pour le Zinc Grenadine : j’ai déchiré du papier orange et du papier bleu et ai essayé de les assembler pour ensuite cerner au crayon ce que je trouvais dans ces « nuages ».

Lors d’un workshop portrait réalisé au Trésor, j’ai dessiné le visage d’une amie avec du kraft gommé ce qui influe forcément sur les formes possibles : beaucoup de lignes de même épaisseur, des déchirures et des angles. Cependant, si la recherche me plaisait, le résultat final était moins bon puisqu’il était plus grand. En revanche, la largeur du kraft gommé n’avait pas changé.

Lors de mes recherches d’illustrations pour le zinc Grenadine j’ai aussi essayé de créer des images en m’inspirant des formes que créait mon mouchoir plein d’encre si je le tamponnais sur la feuille : à partir de là, j’avais créé le parcours tourmenté d’un voyage en voiture mais l’image n’était pas assez lisible et pas assez « jeunesse », pourtant je l’aimais bien.

J’ai rendu beaucoup de dessins de ce genre en première année. Je ne suis pas toujours contente du résultat et mes carnets de croquis pouvaient, eux, donner à voir des tracés plus fins, vaporeux, des impressions de personnages. Dans les croquis, pourtant, il y a de toute façon un côté brut puisque le dessin est produit sur l’instant.

Ce que je peux conclure de ces différents dessins, c’est qu’effectivement j’aime utiliser des matériaux simples ou « pauvres » pour produire des images, mais que j’aime aussi beaucoup le côté expérimental et un peu bricolage que j’en retire. Dessiner devient plus « bricoler une image » que « produire un visuel appliqué ».

Aujourd’hui je fais de moins en moins de dessins, mais le côté « brut » ou « primaire » se fait tout de même ressentir dans mes différents modes d’expressions. Dans ma façon de dessiner, il y avait déjà l’intention d’utiliser le corps plus qu’il ne faudrait en déchirant le papier kraft ou en le léchant pour le coller. Le corps est le premier matériau que l’on possède et il est vrai qu’il est au centre d’une grande partie de mon travail.

La matière ou la surface sont aussi toujours une source de réflexions pour moi : l’écorce des arbres redessinées par du fil blanc à Bouzey, les aspérités des pierres rebouchées à Wimereux, et l’année dernière, la vidéo dans laquelle je tente de prendre contact physiquement avec la terre pour mieux la comprendre aux Jardins de Cocagne.

Il y a aussi Peau qui reste une édition (ou plutôt un amas de feuillets) à la facture très sobre où la matière et les caractéristiques du papier de soie jouent beaucoup.

Il y a aussi toujours une volonté de pauvreté du matériau et peut être un certain effacement.

Pourtant j’existe encore par ces interventions puisqu’elles m’amènent à bouger et à appréhender les choses de façons différentes.

 Pour moi ce genre de procédé est devenu beaucoup plus juste que l’image dessinée même si, bien sûr, je ne la rejette pas.

Si un jour elle me semble être le bon médium à exploiter je reviendrai à elle naturellement.

Je pense.

 

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