Laxisme On tend à penser que le laxisme est une notion néfaste au développement humain. Aujourd’hui cependant, je ne vois pas comment vivre sans. Le confort de notre société occidentale nous pousse à nous tasser dans un luxe flasque et nonchalant. Mais est-ce une mauvaise chose en soi ? Préférerons-nous la guerre, qui forge une nation forte et productive, à la paix, languissante et molle ? Le siècle précédant, l’art à fait un bon en avant. Jamais autant de courants artistiques ne s’étaient succédé. Mais ce temps-là a aussi été une époque de guerre en Europe, et dans le reste du globe. Et j’affirme que, sans ces guerres, l’art moderne n’aurait pas eut le même visage. Ces guerres étaient-elles nécessaires au développement de l’art ? « Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion » disait Hegel. D’où vient cette passion, cet entrain à l’accomplissement de ce qui nous dépasse ? Sans dieu, pas de cathédrale, mais sans dieu, pas de mort pour les construire, pas de croisades ect... L’art est-il directement lié à la violence ? Je trouve qu’être perdu dans l’intransigeance d‘une conviction et se plonger dans sa promesse suprême d’atteindre un stade supérieur, est tout aussi absurde que de ne rien faire. Peut-être est-ce plus réconfortant de se donner entièrement à une cause. Mais si le « bien-être » en société nous rend chétifs, et qu’il nous faut une inspiration qui nous semble « honorable » pour nous en détourner, n’est-ce pas là un comportement bien plus lâche que de reconnaître notre faiblesse de ne pas vouloir en branler une ? Y a-t-il une nécessité pour l’homme de créer ? La lassitude du confort nous rendra-t-elle tous fous ? L’homme est-il fait pour l’action ? Ou bien ne peut-il juste pas supporter le poid de certaines réflexions et préfère se réfugier dans ses exploits quotidiens ? Ces mêmes exploits qui lui font penser qu’il pèse dans l’amas d’évènements hasardeux qui l’entoure. Que LUI au moins, il a fait un truc avec sa vie. Est-ce que l’art, ce ne serait justement pas la solution, pour s’enfermer dans une action consciente de son absurdité ? Mais pourquoi l’art serait la solution à tous nos problèmes. Dans ce milieu, on ne jure que par l’art. L’art à des limites, que les artistes refusent d’entendre. L’art est fragile. Il a ses forces, comme il a ses faiblesses. Pourquoi admirer l’art ? Si l’univers pouvait parler, il dirait « Manon, arrête de m’utiliser dans tes disserts à la con». Mais l’univers ne parle pas. L’univers, il s’en bat les reins de ma dissert à la con. Alors moi, ben moi, je l’utilise dans mes disserts à la cons. J’ai la flemme de mâcher mes mots. J’ai la flemme de me soumettre. C’est quand même assez paradoxal. Normalement, c’est l’inverse qui se produit. Mais moi, j’ai la flemme de faire un détour, pour finalement arriver au même résultat. Le laxisme, dans sa pratique optimale, c’est la flemme de faire, et avec cette flemme, trouver un autre moyen moins laborieux d’atteindre son but. J’appelle ça, le laxisme pragmatique.