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quotidien

Parfois je me rappelle que je suis la seule à pouvoir défendre mes idées, mes dessins, mes projets car je suis la seule qui puisse le faire. Personne d’autre ne le fera à ma place. Dans ces moments là je suis prise d’une sorte d’énergie qui me pousse à entreprendre des choses. Mes envies de créer sont comme l’océan. Ces envies sont vastes et multiples, elles subissent beaucoup les intempéries de mon énergie, de mes sentiments et émotions du moment. Elles ont aussi des marées hautes et celles qui me semblent durer une éternité à chaque fois, des marées basses. Dans ces moments là je n’arrive plus à rien. Je subit alors deux types d’effets. Le premier c’est celui de l’ennui et de la fatigue qui me clouent sur place. Je ne peux pas contrer cette lourdeur, je suis embourbée dans cette culpabilisante fatigue. Et l’autre effet et celui de l’abandon. Mais ce n’est pas un abandon négatif, en réalité il est même ressourçant. Grâce à cet abandon de ma chaise de bureau sur laquelle je stagnais de ne plus rien réussir à faire de satisfaisant, je m’aère l’esprit. En faisant autre chose, je sais que je ne perd pas complètement mon temps.

Parfois je me rappelle que je peux agir pour ce qui à de la valeur à mes yeux, mes valeurs. Je peux faire de nombreux efforts sur mon mode de vie pour aider à préserver notre future. Je peux faire changer les choses. Je peux aider les autres. Je peux. Je le veux. Ce n’est pas suffisant. Je voudrais pouvoir tout bousculer, chez moi et chez les autres. Essayer de nous réveiller de ce dangereux sommeil qui nous perdra à coup sur.

Ce sont les révoltes contre moi-même.

Parfois je me rappelle le temps où toutes mes révoltes n’existaient pas encore.

 

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que nous polluons la nature à outrance.

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que me raser était plus une injonction des autres sur mon corps qu’un acte pour moi.

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que porter des soutient gorge était plus une injonction des autres sur mon corps qu’un acte pour moi

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que mes amies se faisaient harcelées dans la rue, à 14 ans, en rentrant du collège.

Je ne regrette pas de me rendre compte à quel point la verdure dans laquelle j’ai pu passer nombreuses de mes vacances était une réelle chance.

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que le féminisme avait encore besoin d’exister.

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que pour certaines, un homme féministe « c’est tellement incroyable ».

Je ne regrette pas d’avoir pris conscience que j’avais réellement de la chance de ne pas avoir subit de harcèlement ou d’aggressions plus grave que du « catcalling » ou des regards lourds portés sur mon corps, contrairement à d’autre.

Je ne regrette pas de m’être rendu compte, que tout cela, ce n’était pas normal de m’en rendre compte. Car tout cela ne devrait pas, ou ne devrait plus être aujourd’hui.

Ce sont mes révoltes contre ce qui m’entoure.

 

 

Les collages de dessins dans des lieux stratégiques de villes d’Ernest Pignon Ernest, les livres L’Étranger qui décrit l’histoire d’un anti-héro et L’Homme Révolté d’Albert Camus qui permet de faire la différence entre la notion de révolte métaphysique et de révolution, Persepolis de Marjane Satrapi qui témoigne du changement de gouvernement en Iran, Sorcières de la République de Chloé Delaume qui dépeint un futur proche où le matriarcat à remplacé le patriarcat mais où les

évènements ont mal tournés, débouchant sur une amnésie générale de trois ans, mais aussi les dessins au pochoirs de Shepard Fairey, les films comme Portrait de la jeune fille en feu de Celine Sciamma sont des oeuvres et travaux qui m’inspirent à faire comme leurs artistes: dénoncer ou représenter dans leurs travaux ce qu’ils peuvent avoir remarqué dans leurs quotidien ou celui et autres.

Il peut aussi simplement s’agir de mettre la lumière dessus en faisant de certaines scènes leurs sujets comme pour les photographies d’Henri Cartier Bresson par exemple. C’est encore quelque chose sur lequel je travail: mettre en image ces actualités, ces combats qui m’animent.

Un exemple dans mon travail peu être d’avoir illustré les différentes phases d’un cycle menstruel en relation avec celui de la lune sous forme de personnages féminins, dans des cadres inspiré de l’Art Nouveau et d’Alphonse Mucha. J’ai également repris une de mes linogravures ou j’avais dessiné l’affiche de Portrait de la jeune fille en feu en l’intègrant à un panneau «Attention au feu» en réaction à l’affaire des Oscars 2020...