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mythes

Une feuille, emportée par le vent, se dépose sur la main. L’oeil l’interprète et ce n’est plus le vent qui l’a déposée mais un être invisible qui voulait réveiller le corps.

Le placement de certaines étoiles dans le ciel, incarnent des corps de dieux, de personnages historiques ou mythiques, d’objets ou d’animaux.

Le passage d’une tempête dévastatrice sur une région peuplée devient une punition des dieux en colère.

Chaque humain de chaque région tire sa culture d’une ou d’un ensemble de traditions, elles mêmes provenant d’interprétations faites dans le passé par des ancêtres qui avaient, dans leurs temps, observés la nature et ce qui les entouraient. C’est de ce point que naissent les mythes. Interprétations d’événements naturels et historiques qui passent par le prisme humain.

À ces interprétations se rajoutent les peurs, les problèmes, les contradictions humaines.

Et c’est alors que les conteurs se chargent de transmettre ces évènements, ces vies, en en faisant des histoires comme l’ont fait Ovide ou Homère. Puis les artistes prennent le relais et se chargent de donner des visages aux personnages de ces histoires, à des sentiments ou aux phénomènes naturels, ce sont les personnifications.

Par exemple Alphonse Mucha va dessiner des personnages incarnant la Lune, les astres, les saisons, les fleurs, les pierres et même les arts.

Gustave Klimt peint Danaée et d’autres personnages de la mythologie grecque comme les trois Gorgones ou donne encore sa propre vision des différents stades de la vie en peignant la naissance, la vieillesse ou la mort.

Certains artistes ou illustrateurs vont également se réapproprier certains de ces personnages afin d’en adapter les histoires comme Rachel Smythes avec son webcomic Lore Olympus qui reprend l’histoires des dieux de l’Olympe qu’elle transporte dans une époque moderne ou Perséphone de Loïc Locatelli Kournwsky.

Chloé Delaume dans Sorcières de la République, décrit des dieux et des déesses de l’Olympe déprimés, désemparés et délaissés par les humains dans un futur proche de notre époque contemporaine où peu voir plus personne ne croit en eux ou ne leur voue de culte. La façon de Laura Perez de dessiner les différents types et profils de sorcières dans Secrets de Sorcières de Julie Légère et Elsa Whyte mais également tout ses dessins en général.

Hayao Myiazaki s’inspire de personnages de la culture japonaise pour ses films d’animation et Lucie Durbiano reprend dans sa bande dessinée Lo des évènements ainsi que des personnages de la mythologie grecque. John William Godward s’inspire directement d’une imagerie gréco-romaine pour représenter des femmes dans des peintures qui semblent suspendues dans le temps.

Créer un mythe, c’est un peu ce que j’ai voulu faire en écrivant et illustrant l’histoire d’Ati L’Étoile Filante, qui est la personnification de l’astre Ati de la constellation de Persée.

J’aime également reprendre, dans des travaux plus personnels, des personnages de la mythologie qui me semblent intéressant à travailler graphiquement comme par exemple la déesse Nout, représentant la nuit dans la mythologie égyptienne que j’ai redessiné en digital ou dans une interprétation plus libre avec la linogravure The star que j’ai réalisé avant Nout mais qui, en y repensant peut être une version différente de ce personnage. J’ai eu un temps aussi l’envie de dessiner les différentes nymphes de la mythologies grecque ainsi que de réaliser un jeu de tarot divinatoire. Certains de ces projets aboutiront peut être ou d’autre les remplaceront. Lorsque je lis un livre, une bande dessinée, un texte poétique ou autre j’aime parfois essayer d’en illustrer des passages ou les personnages. Utiliser des personnages mythique est également une technique que j’aime utiliser avec par éxemple l’image très forte de la sorcière. C’est à ce genre de personnages que je renvoie certaines figures que je dessine lorsqu’elles interréagissent avec les plantes ou les animaux alentours, quelque chose de très présent dans mon travail personnel.

Mais lorsque j’invente des personnages dont je veux développer l’histoire, je crée mes propres mythes et j’en croise des déjà existants pour développer un univers. C’est ce vers quoi je tend.

Créer des histoires, des légendes, les illustrer. Pourvoir créer un monde dont je déciderai les règles. Un monde impossible, ou en miroir du notre. Une voie qui se trace en parallèle, qui invite à rêver et voyager. En m’appuyant sur ce la réalité m’entoure, m’abreuvant de ce qu’il se trouve entre l’horizon, mon regard et mes souvenirs pour décoller vers d’autres possibilités de narration.