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forêt

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Ces lieux confortables

ces lieux inattendus

ces lieux habituels

ces lieux découverts par hasard

ces lieux qui renvoient aux vieux souvenirs enfouis

ces lieux qu’on semble avoir toujours connu

ces lieux que l’on reconnait

ces lieux où on était pas venu depuis longtemps

ces lieux où on voudrait pouvoir se téléporter

ces lieux dont on voudrait faire partie

pouvoir s’enraciner sur place

pendant un cours instant

ces lieux qu’on voudrait ne jamais quitter

alors que finalement c’est eux qui nous accompagnent

 

 

«l’instant paysage» partie 1

 

Ce sont ces paysages qui ressemblent à de la musique mais pour les yeux.

Pas besoin de faire plus que les regarder pour les apprécier

et on est comme transportés en leurs coeur

on en fait partie pleinement

on peut laisser aller le regard le long de ses lignes comme si l’on suivait le rythme de la musique avec la tête

On peut déjà connaître les paroles et essayer de remarquer les petits détails qui nous interpellent au fur à mesure

remarquer les nouvelles notes et nuances de couleurs

car de toute façon, on a beau le connaître par coeur

chaque fois qu’on l’observe est différente de la dernière.

 

Cela peut-être une peinture, une photo, un livre, un film dans lesquels on se perd.

C’est le moment ou les poumons se gonflent pour laisser toute l’image rentrer dans la tête.

On vit un peu à travers eux.

Ce n’est pas toujours la peine de le chercher dans des livres ou des musées. Parfois il se découvre à un instant précis où on ne l’aurait pas attendu.

 

Ces lieux sont à la fois mystérieux et familiers

en cela ils ressemblent à cette sensation que je peux ressentir en forêt

de l’ombre et des éclats de lumière

une multitude de couleurs et de formes

une multitude de chemins à emprunter

et de points de vue à découvrir

une certaine peur lorsque je m’y aventure trop loin

mais éxaltante de découvrir de nouveaux endroits

toujours avec ce sentiment de sécurité dans cette semi obscurité.

 

Ces lieux je désespère de pouvoir leurs rendre ce qu’ils m’ont donné en les recréant, en les

écrivant

leurs rendre hommage d’une manière ou d’une autre

même pas besoin de les décrire précisément, ou même de dire leurs noms

je peux simplement les évoquer par un trait que je sais sera celui qui fera le lien entre mon souvenirs et mon imagination

Je peux inventer ceux qui n’existent pas encore, ou qui n’existerons sûrement jamais.

 

 

 

Je m’inspire de ces lieux réels qui décorent mes souvenirs et des paysages captés par des artistes comme Claude Monet et ses peintures aux couleurs vibrantes, les paysages qui semblent mouvants de Vincent Van Gogh, les dessins apocalyptiques de Frederic Poincelet, les dessins d’intérieurs épurés de Tatiana Trouvé, les photographies de paysage américains de Stephen Shore, les photographies de gens et de villes de Joel Meyerowitz, les portraits de gens et d’objets colorés de William Egglestone, es dessins de décors et d'histoire qui font voyages d'Amélie Fléchais, les photographies de Manuel Alvarez Bravò, les étranges paysages d’Arnold Böcklin, ceux d’Arkhip Kouïndji, ce que j’interprète comme la description d’un paysage intérieur dans le film Submarine de Richard Ayoade.

Ils parviennent à capter ces instants de paysages. Entre mondes imaginaires et prise de vue du réel.

J’essaie de plus en plus de faire cela en dessin à travers des éléments, des objets précis qui ramènent à une certaine période ou impression. Le travail que j’ai fait en dessin pour l’exposition «Reste l’enfance» à la MJC de Gerardmer en est un exemple. Des éléments qui décorent mes souvenirs, comme l’étendage de ma grand-mère, accompagné de la vision que j’en avais à l’époque, les draps qui séchaient sur les cordes et entre lesquels j’aimais passer et jouer. J’ai repris dans une série d’illustrations, sous forme de cartes, ces instants paysages en suspens. Par exemple le fait de se perdre dans ses pensées en pleine rue en regardant le ciel, la lumière du soleil qui traverse les volets sous forme de petits traits, les rayons qui chassent la nuit au petit matin...

Retranscrire l’extrême sérénité que je ressens lorsque je suis en forêt, c’est ce que j’ai voulu faire lors d’un workshop autour du volume et de la photographie en pleine nature autour du lac de Bouzey l’année dernière. J’ai construit une cabane comme celles que nous faisions dans la forêt à côté de chez mes grands-parents avec ma famille et mes cousins. À la tombée de la nuit, je suis revenu à l’endroit de cette cabane pour prendre des photos. J’avais disposé à l’intérieur des petites guirlandes lumineuses. Je voulais jouer sur le claire obscur de l’image, la douce lumière chaude qui passait à travers les feuilles vertes des branches et des tronc disposés, le contraste entre ce «foyer» précaire et la forêt sombre.

J’aime aussi inventer des lieux où j’aimerai me trouver. À côté d’une composition d’objets comme de la belle vaisselle, devant une fenêtre garnie de plantes qui donnerait sur l’océan, des cabanes perdues dans des feuillages d’arbres, des petites maisons avec des serres pleines de couleurs, du lierre ou de la glycine sur les murs, des fenêtres de toits, des petits balconnets, des coures intérieurs, des jardins suspendus, des escaliers cachés... ces éléments me permettent de créer une esthétique et une ambiance qui me donne envie de plonger dedans.

Ce sont des morceaux de lieux dont je rêve, parfois impossibles ou très peu probables. C’est images j’aime les décliner sous différentes formes, je peux passer du dessin en technique sèche, à une version numérique ou même parfois en une version brodée au fil de couleur.