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corps

Le corps est un outil, un vaisseau, un fantasme, une chose fragile, une chose incroyablement forte, une puissance et une faiblesse. Le corps permet tant de chose. Je suppose que l’on ne s’en rend pas tout à fait compte avant de le perdre en entier ou en partie.

Mais le corps se fait maltraiter constamment. Physiquement ou verbalement. C’est pourquoi je l’associe à la révolte. Revendiquer ce corps qui me transporte me permet de le défendre, lui et celui des autres, même si c’est à petite échelle.

J’admire les artistes qui célèbrent le corps. Je pense que lorsqu’on arrive à célébrer un corps, que ce soit le sien, celui d’une moitié de l’humanité ou l’humain toute entier, cela se propage.

 

merci

toi mon enveloppe

qui permet à mes pensées, à mes mots, mes maux, d’être à l’abris

à l’abris de l’extérieur

du froid

du vent

de la poussière

des microparticules

du monde et des autres

qui me permet de prendre

l’espace

le temps

de grandir

d’évoluer

de m’exprimer

danser

ressentir

même si tu es parfois un poids

ce n’est pas comme si j’avais le choix

toi et moi c’est pour la vie

alors autant s’apprécier

merci d’être en bonne santé

de me permettre tout cela

 

 

Les peintures, provocantes de Courbet, de corps recroquevillés et aux diverses couleurs de Scheile, les «corps tampons» bleus de Klein, les esquisses et peintures de femmes de Toulouse Lautrec, les portraits de Suzanne Valadon, de Renoir,

les photographies mêlant corps et nature de Ren Hang, les photographies de jeunes personnes au flash et sans artifices sur une plage de Rieneke Dijkstra, les sculptures et volumes colorés et tout en rondeur de Nikki de Saint Phalle, les prothèses encombrantes et élégantes de Rebecca Horn etc… sont de grandes sources d’inspiration par l’hommage que ces artistes rendent aux corps humains. On les retrouvera également dans le texte «femme». J’aime voir dans certains de ces travaux différents types, morphologies, couleurs, formes et expressions du corps. Il me semble important aujourd’hui de savoir varier les formes et représentations des corps et des femmes en particulier. Ce qui est considéré comme un défaut, j’aime le voir transformé en qualité ou signe de vie et de beauté dans des travaux d’artistes. C’est quelque chose sur lequel Charlotte Abramov par exemple travail beaucoup et m’inspire. Elle fait apparaître dans son travail photographique et vidéo de multiples formes de corps et de femmes.

Comme elle collabore beaucoup avec la chanteuse Angèle, son travail est de plus en plus reconnu et vu par les gens, répendant ainsi cette vision plurielle et naturelle du corps.

Dans les oeuvres des artistes précédemment cités, l’humain devient à la fois sujet et outil. Ils m’inspirent également à créer afin d’intégrer les différentes morphologies que l’humain peut posséder. J’associe à cela le travail que je peux faire en design de personnages. Lorsque je créer un personnage, j’imagine sa vie, son nom, sa voix, mais en premier lieu, j’imagine son corps, sa démarche, ses vêtements.Tout cela est influencé par le monde qui m’entoure mais également par ce que j’ai pu retenir des oeuvres des ces artistes. Lorsque je veux créer un personnage, je commence par imaginer sa pose, son interaction avec son décors ou d’autres éléments et ainsi je détermine sa morphologie, ses vêtements ou sa peau, se traits etc...

J’aime aussi parfois reprendre à ma manière des peintures ou des photographies et les figures qu’elles représentent. Les pauses, couleurs et différentes compositions qui peuvent accompagner le personnage. C’est ce que j’aime analyser lorsque je regarde ces oeuvres. J’ai pour exemple réalisé une série d’illustrations ou j’ai redessiné digitalement des sculptures connues et que j’aimais représentants des femmes et sur lesquelles j’ai rajouté par dessus en transparence un «motif» de vergetures. Je voulais que cette image fonctionne car elle souligne la différence des corps qui sont représentés dans l’art, de l’Antiquité à nos jours. En mettant ainsi en parallèle des morphologies comme celles de Trois Grâces de Pradier et de la Victoire de Samothrace, on remarque que le corps humain ne peux pas répondre à un seul standard. La vision que l’humain porte à son propre corps et les normes qu’ils tente déséspérément de lui attribuer ne sont pas les mêmes d’une époque à une autre, d’une région à une autre etc... et pourtant il continue à se les imposer. C’est en cela que travailler cette matière là est importante pour moi et pour je pense, les artistes qui se penchent sur ce sujet.