M

Ê

M

E

P

P

E

U

R

1

2

3

Fig.1

Giuseppe Arcimboldo, Les Saisons, L’Hivers, 1573, huile sur chêne, 76 x 63 cm, musée du Louvre, Paris.

 

Fig.2

Pieter Brueghel l’Ancien, Le Triomphe de la Mort, 1562, huile sur bois, 117 × 162 cm, musée du Prado, Madrid.

 

Fig.3

Salvador Dalí, La Tentation de saint Antoine, 1946, huile sur toile, 90 × 119,5 cm, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A

S

M

J’ai toujours aimé les croyances effrayantes, les objets mystères, les histoires de fantômes, de sorcière ou de monstre.

Encore aujourd’hui ce sont des sources d’inspiration pour mon travail, je pense que c’est parce que j’associe tout ça a mon enfance.

Petite j’avais peur du noir et je croyais au monstre caché sous mon lit. à l’école, on apprenait des trucs qui me faisaient super peur. Il y avait des images, mais aussi des livres à lire, Le Horla de Maupassant.

L’émotion de la peur me fascine, c’est un mécanisme de défense face à un danger, réel ou non. C’est une émotion qui permet d’assurer la survie dans des environnements les plus divers. Elle informe le corps de multiples manières et provient soit d’éléments externes soit de mécanismes internes, liés à une émotion négative.

Depuis la nuit des temps on essaye de représenter la mort et les cauchemars. Je pense alors que l’être humain fantasme autour du sentiment de la peur. Ce qui nous effraie réellement c’est l’inconnue.

On tente alors timidement de la convoquer, de la ressentir et même de communiquer avec.

L’être humain est superstitieux et pour se protéger il a alors doté certains objets de pouvoirs. C’est le rôle des amulettes. ( Serait-ce donc pour cela que j’accumule-t-en d’objet ? ) Ce n’est d'ailleurs pas les seuls sortes d’objet lié au sentiment de la peur. Comme l’inconnue est une véritable source d’angoisse pour certains. Il existe aussi des objets

divinatoires qui auraient la possibilité de nous renseigner sur notre futur. Cette année je n’ai donc pu résister à l’idée d’illustrer mon propre jeu de tarot. On retrouve aussi les objets hantés, dotés d’un passé qui lui serait attribué et qui le poursuivrait toujours. Dans les vanités certains objets, comme le sablier, la tête de mort, la fleur, ou le livre peuvent aussi servir à représenter la mort et le temps qui passe.

Ce que j’aime dans les tableaux qui représentent la peur, ce sont les lumières, les allégories, les expressions des personnages, les ombres et la composition. Devant ces tableaux je suis mal à l’aise, je suis immergée dans l’univers.

Les croyances autour de la peur sont souvent très anciennes. Prenons l’exemple du loup, il occupe déjà une grande place dans les mythologies antiques, puis au Moyen Âge dans de nombreuses histoires de dévorations ou de métamorphoses et de loups-garous. On retrouve encore aujourd’hui la peur du loup dans de nombreuses histoires pour enfants.

J’aime la part de mystère que nous offrent tous ces récits donnant vie à des créatures plus effrayantes les unes des autres.

Pour moi la peur me rapproche de mon enfance, et finalement à des souvenirs positifs.

C’est un sentiment partager, elle permet de rassembler et de créer. Représenter et partager nos peurs serait peut-être un moyen de les combattre.