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Fig.1

Matthias Grünewald, Retable d’Issenheim

(fermé), 1512-16, tempera et huile sur bois de tilleul, 269 x 307 cm, musée Unterlinden, Colmar.

 

Fig.2

Ettore Sottsass, Bibliotheque Carlton, 1981, Édition Memphis.

 

 

 

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La composition c’est l’édification d’un ensemble, c’est d’ailleurs la structure même de l’œuvre. Lorsque l’on compose, on organise les formes dans l’espace. Dans un tableau la composition offre un sens de lecture. Que ce soit par le signe d’une main, par une lumière, ou par une expression ces éléments permettent de nous guider. Le sens de lecture est différent selon les cultures. En Occident, l'œil est habitué à une lecture linéaire partant de la gauche vers la droite. Lors de la lecture d’une image notre œil doit se déshabituer à ce fonctionnement.

La composition est la chose que je préfère faire. Mes productions sur papier sont souvent des dépliants ou des affiches, il me faut alors composer dans un format standardisé.

Le dépliant, de par son pliage, m’offre la possibilité de travailler en recto-verso. Le pliage peut créer des petites cases. Pour certains projets je les exploite et pour d'autres non. L’affiche me permet de travailler en grand. Ce que je préfère dans l’affiche c’est mixer mots et images.(L) J’apprécie particulièrement la composition en triptyque (et polyptyque) au sein de laquelle la composition est symétrique.(S)Ce qui me fait remarquer que j’utilise alors les compositions

assez strictes, ou du moins qui respectent un certain équilibre. Le format en triptyque se développe essentiellement en Europe aux XII et XIIIe siècle, dans le cadre des retables religieux. Ce que j’aime dans ce format ce sont les séparations faites par les cases. Chaque élément est imbriqué dans un panneau. Ils encadrent souvent soit un personnage, soit un moment d’une histoire. Chaque élément est alors bien distinct des uns des autres tout en formant une seule composition finale.

Je reprends alors tous ces codes dans la composition de mes images. Je viens placer plusieurs éléments disparates, je les encadre, le tout dans une seule et même page.

Dans mes productions en volume, j’essaye toujours de composer la pièce de manière à ce qu’elle fonctionne aussi bien seule que dans la série. Là encore c’est de savoir composer un tout à partir de plusieurs éléments. Les pièces doivent se compenser et se répondre les unes les autres.

Seule, j’essaye d’équilibrer la pièce en jouant avec des anses plus ou moins grandes, la hauteur de la pièce, etc.

De manière générale, dans un objet, dans un tableau, ou dans le plan d’un film j’aime la composition théâtrale.

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