À table
La circulation des informations entre individus est facilitée par la mondialisation, et cela, peu importe notre position spatiale dans le monde grâce aux réseaux qui se créent. Le flux s’apparente également au déplacement des corps dans l’espace comme lors d’un voyage qui nous apprend à décentrer notre vision du monde selon le prisme de la culture dans laquelle nous avons baigné. Le voyage déplace les frontières, nos schémas de pensée, il interroge et nous fait sortir de notre zone de confort. Changer de « point de vue » pour découvrir d’autres modes de vie, de fonctionnement et choisir celui que nous souhaiterions adopter. Lors de mes voyages, la musique tout comme le dessin sont des langages universels qui ont facilité les échanges entre les personnes que j’ai rencontré, sans ressentir le besoin de se comprendre verbalement. Très sensible aux musiques du monde, j’écoute des musiques traditionnelles d’Europe de l’Est, d’Afrique (noire et du Maghreb), provenant du pourtour de la Mer Méditerranée ou encore d’Amérique Latine. La découverte d’autres genres musicaux très spécifiques à une zone géographique : comme le blues du Sahara (Mali, Algérie…), le rébétiko (de Grèce) ou encore le Klezmer (Europe de l’Est) m’ont amené à me pencher sur l’histoire et les traditions de ces minorités ethniques et sociales. Ces musiques ont très largement influencé ma pratique de la clarinette et façonné mon oreille au fil de l’écoute sans que j’en comprenne théoriquement tous les rouages. Ce rapport que j’entretiens à la musique maghrébine et balkanique est exacerbé par le fantasme que je projette autour de ces cultures que j’ai pu appréhender au travers des films, photographies et reportages. Je nourris ma curiosité par des recherches sur l’histoire de ces musiques ainsi que des musiciens qui continuent aujourd’hui de les faire vivre. Mélomane et curieuse, je passe parfois des heures à me perdre dans les méandres d’internet pour découvrir de nouvelles musiques à la manière d’une passionnée qui scrute tous les rayons d’un disquaire. Comme un bon plat que l’on savoure à la même table, la musique a cette force qui fédère, elle est source d’émotion, de partage et synonyme d’identité. Chaque communauté a ses musiques et c’est sans aucun doute cette dimension sociale qui m’a plu dans cette pratique même si l’exposition aux autres fut de prime abord pour moi délicate. Voyage Voyage
Communauté
Tsiganes et nomadisme