À table
Aujourd’hui, j’arrive enfin à penser l’alter comme pair et non plus comme supérieur à moi. L’harmonie coopérative ressentie à travers des projets en collectif m’a beaucoup grandit dans mon approche de la création. Lors d’événements festifs tels que les festivals du Zinc Grenadine et d’Eskapad mais également avec la création de fresques collaboratives en encore lors d’improvisations musicales. Je me suis rendu compte de mes incapacités et points forts au contact des autres. Perfectionniste et touche-à-tout, cette attitude me rend incapable de me spécialiser et de choisir un unique mode d’expression. Le travail de l’image (illustration, photographique, vidéo), du son (pratique de la musique acoustique et électro-acoustique), de l’expression par le corps (performance, rap, slam et danse) et par l’écriture (poésie, slam et performance) sont des formes qui me passionnent dans ce qu’elles ont de complémentaires, elles s’enrichissent et grandissent l’expérience artistique vécue du point de vue du créateur et du regardeur. La trans-disciplinarité incarne pour moi la continuité de ma réflexion sur les liens existant entre les humains ainsi que les passerelles qui se tissent entre les domaines artistiques. Les formes d’expression provenant d’interactions sociales évoluent tout au long de la rencontre et du processus de création ce qui les rend à mes yeux très enrichissantes. 
La performance live vidéo, danse et musique réalisée en juin 2017 à la « Lune en parachute » d’Epinal incarne l’élément déclencheur de la réflexion sur le collectif que je développe ici. Il s’agissait d’une improvisation collective préparée en amont. Nous avions composé ensemble un semblant de partition, un cadre préétabli qui permettait d’improviser au moment de la performance live. Mon engagement dans les projets communs est pour moi synonyme d’assiduité, d’implication et d’échange, porter ma pierre à l’édifice m’enthousiasme énormément ! L’écoute est une valeur que je défends et qui me semble cruciale dans la collaboration. Il faut être capable et disponible pour écouter l’autre dans ses propositions et être capable de se mettre à sa place, dans son univers plastique et poétique. Être capable de laisser la place à l’autre tout en trouvant la sienne est une gymnastique toute particulière que je pratique au cours de l’improvisation musicale. Mes collègues de travail sont très généralement des amis ou des gens que j’apprécie pour leur humanité et personnalité. Il m’est difficile de travailler avec des gens avec qui je ne partage rien humainement. Je n’ai peut-être pas eu encore l’occasion de rencontrer des personnes avec qui j’étais sur la même longueur d’onde au niveau de la pratique artistique et de la méthodologie de travail, ce qui pourrait expliquer mon besoin de connaître plus intimement mes collègues. Il y a dans ma pratique l’idée d’être une artiste co-autrice, coproductrice de formes. L'alter
Fraternité, sororité et collectif
Flux et intelligence collective
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