Fraternité, sororité et collectif
L'alter
Flux et intelligence collective
À table
Fraternité, sororité et collectif Il y a souvent une grande confusion autour de la définition de fraternité et de sororité : c’est à la fois ce lien de parenté entre les enfants issus de mêmes parents, mais aussi un lien étroit d'amitié qui unit deux personnes qui ne sont ni frères ni sœurs. Je crois que le plus important à retenir dans l’essence même de ce mot est la notion de bienveillance, de protection à l’égard de l’autre. Il parait que cette attitude de sollicitude à l’égard d’autrui se nomme « l’éthique du care ». J’ai découvert cette pensée grâce au conseil d’un professeur. C’est étonnant comme cet exemple s’inscrit dans cette éthique tournée vers la prise en charge de l’autre. Née aux États-Unis, elle se fonde sur l’interaction sociale sans considération de genre, de race et de classe. Elle pose une question cruciale : « comment prendre soin de la société et du monde dans lequel nous vivons? ». Les modes d’applications de cette éthique sont par exemple le fait de tenter de connaître les besoins des plus vulnérables pour pouvoir les aider : y porter attention puis en prendre soin. La famille, on se l’a crée, on s’entoure des gens qui nous font du bien et que l’on porte en notre sein. Ami comme frère et sœur, ma famille est multiple, morcelée et hétéroclite. J’ai grandi entouré de frères, l’un bien plus âgé que moi, l’autre plus petit et j’ai toujours pensé qu’ils seraient toujours plus grands et plus petits que moi. J’ai pendant longtemps considéré mes rapports avec eux selon le prisme des expériences vécues au cours de nos vies. La rivalité ne s’est que très rarement interposée entre nous, et j’ai vite compris qu’elle ne me mènerait nulle part. Je crois que l’on se perd souvent à aduler, envier, fantasmer et vouloir surpasser l’autre. L’Autre est pour moi quelqu’un qui m’apprend des choses et inversement. Le temps nous fait récolter les centimètres en taille, mais aussi au sol. On fait chacun notre petit bout de chemin, et c’est à force d’avancer, sans trop regarder sur le bas-côté, que nos parcours finissent par se recroiser. Après des années de séparation avec mon grand frère, je le redécouvre aujourd’hui, on reconstruit notre relation avec ce que nous sommes maintenant. Il est toujours le grand et moi la petite, mais malgré les centimètres, on a tous les deux des choses à partager après une belle collecte de moments vécus et assimilés. Il est le grand et moi la petite, mais on fait famille, on suit le même fil, celui du collectif, on file le même coton: celui de l’associatif. Lui, à les deux pieds dans la cuisine et moi dans l’atelier. On fabrique et on fait goûter, on créer des émotions à partager. A croire que l’altruisme nous coule dans le sang, on pense ensemble et en grand, des projets de festivals de musique, des envies de fédérer des cultures multiples, de vivre des moments magiques de transmission et de partage. On a l’envie de rassembler, de se faire voyager. J’ai tant de plans sur la comète qui me feraient oublier les moments amers d’un grand frère qui poussait de travers.