L'alter
Flux et intelligence collective
Fraternité, sororité et collectif
À table
Flux et intelligence collective L’échange inter-individu ne peut-il pas être compris comme flux ? 

La définition que propose le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi me semble intéressante dans la poursuite de ma réflexion autour du « faire-ensemble ». Il décrit ce « flow » comme « un état totalement centré sur la motivation. C'est une immersion totale en employant les émotions au service de la performance et de l’apprentissage ». Le flux désigne en général un ensemble d'éléments évoluant dans un sens commun. Il est alors synonyme de vivacité, d’enthousiasme et de mouvement. Le « flow » selon Csíkszentmihályi peut s’appliquer et se ressentir de manière collective et ainsi animée plusieurs individus dans un même espace temps. Il donne pour exemple l’improvisation musicale dont je fais régulièrement l’expérience. L’osmose entre les musiciens fait naître presque à chaque fois le sentiment d’être animé par la même joie, les acteurs deviennent des individus autotéliques qui n’entreprennent l’improvisation que dans le seul but de l’extrême satisfaction qu’elle procure. De cette pratique découle une absorption dans l’activité exercée, une perception altérée du temps, une distanciation de soi-même ainsi qu’un sentiment d’abandon, de lâcher-prise mêlé de bien-être. Le flow peut s’apparenter au concept d’intelligence collective qui désigne les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre ses membres. 
La performance que nous avons menée à quatre (avec Camille Coucaud, Lucie Medda et Claire Czajkowski) au MUCEM de Marseille le samedi 17 mars 2018 dans le cadre du festival TRANS BORDER, les enseignements de Nathalie Magnan incarne pour moi l’un des plus beaux projets mené durant mon parcours en collectif. Nous avons construit notre réflexion ainsi que le déroulement de la performance en établissant ensemble le message à délivrer au public. Lors de 2 workshop d’une semaine chacun, nous nous sommes réunis pour se questionner collectivement sur notre engagement féministe individuel et tenter de retracer et partager les textes et œuvres qui nous ont sensibilisées à ces questionnements politiques. La performance incarne le façonnement de notre féminisme à toutes les 4, elle se présente comme une discussion silencieuse entre des amies. La performance Laborama alliant vidjing, improvisation à la clarinette et textes lus en live nous a permis de créer une sorte de laboratoire politique et d’expérimentations de formes, la performance allie esthétique de l’internet et illustrations et lettrages dans un style plus brut évoquant l’urgence avec laquelle nous créons et nous ressentons le besoin de dire. Avec coéquipières et amies, j’ai pu mieux identifier mon écriture graphique, affirmer mon style musical, expérimenter et surtout avoir davantage confiance en moi en m’autorisant à être moi-même au sein du groupe. Mon engagement féministe s’est étoffé grâce à ce que j’ai pu découvrir dans les cyberespaces féministes tels que : les blogs, les séries documentaires vidéos, les articles de presse en ligne ou encore les bandes dessinées numériques interactives. Ces questionnements me sont apparu à l’âge de l’adolescence puisque cette période de ma vie incarne le moment de prise de conscience de mon statut de femme. Se posait également à moi la question du choix de mon apparence physique puisqu’elle était en grande mutation à cet instant donné…